dimanche 12 mars 2017

Journées européennes des métiers d'Art

Avec le printemps (mais oui, il est là! Aujourd'hui il n'y avait aucun doute à ce propos, je me suis même installée dehors avec mon ordi pour travailler un peu, après une ballade à travers champs avec parents, oncle et tante, neveu et chien de la soeur), avec le printemps, donc, reviennent les journées européennes des métiers d'Art, et comme les années précédentes, nous avons de la chance car le canton de Vaud prend part à cette belle initiative.

Durant trois jours, des artisans d'Art du canton de Vaud (mais aussi de Genève et du Valais, en ce qui concerne la Suisse romande) vont ouvrir la porte de leur atelier au grand public. C'est une occasion unique de pénétrer dans ces lieux magiques, parfois hors du temps, remplis d'objets inhabituels.



Au mois de mars de l'année passée, je n'ai fait qu'une visite (attention, la plupart des visites se font sur réservation et il ne faut pas s'y prendre trop tard si l'on n'est pas flexible au niveau des horaires...), mais j'en garde un très bon souvenir (mis à part le fait que des personnes non inscrites se sont invitées et du coup il y avait un peu trop de monde pour pouvoir suivre agréablement les explications de notre hôte). 

Je n'avais pas encore pris le temps de partager les photos de cette visite, je profite donc de l'occasion pour les ressortir ici!


Tout d'abord, puisque nous étions dans le coin, une petite visite à Romainmôtier s'est avérée indispensable! Petite pause au Prieuré bien sûr, avant de se mettre en route pour Premier, un village situé sur les hauteurs, pas très loin des sommets du jura vaudois.


Le genre d'endroit où l'on déménagerait presque rien qu'à cause de la vue...


A Premier, c'est l'atelier de Monsieur Bader que nous avons visité. Hans-Martin Bader, vous en avez peut-être déjà entendu parler grâce au livre "Le luthier qui aimait la terre"; cet ouvrage raconte comment il cultive la terre avec son cheval, comment il vit en harmonie avec la nature et les saisons; son métier de luthier y est également dépeint.




Je n'ai malheureusement pas pris de notes lors de cette visite et en l'espace d'une année, j'ai quasiment oublié tout ce que monsieur Bader nous avait expliqué. 

Je garde par contre le souvenir d'un atelier à l'ambiance chaleureuse (il faut dire que le fourneau à bois y contribuait bien!), un univers de bois, tant dans les outils et les matériaux utilisés qu'en ce qui concerne l'aménagement du lieu.





Pour pallier à ma mauvaise mémoire, je me permets de retranscrire ici quelques extraits* du livre "Le Luthier qui aimait la terre", afin de transmettre un peu de l'ambiance de l'endroit.

"Cela fait quarante ans qu'il construit des instruments à cordes. En plus des violons, altos, violoncelles, et contrebasses, il a réalisé ce qu'il voulait, en construisant tous les instruments à cordes du répertoire baroque, des violes de gambe, des luths, des vièles, qui lui ont permis d'explorer les confins de la lutherie antique".



"Revenu à son petit établi après être passé par le poêle, monsieur Bader plonge un pinceau dans la colle chaude. C'est de la colle forte, à base de cartilages, de peau et d'os, et qui tiendra des siècles."



"Monsieur Bader garde en réserve toutes les essences de la lutherie baroque. Des plateaux d'érable et d'épicéa coupé dans le Jura, du tilleul, le bois sacré, des billes de poirier et de hêtre pour tailler des manches, du buis pour les chevilles et les cordiers, du cerisier, du pommier, du peuplier, du merisier, du saule et de l'ébène."





Dans l'atelier, la fabrication d'un instrument de ne se fait pas sans interruption. Des jours, parfois des semaines passent entre la finition d'une étape et le moment où le luthier entreprend la suivante. Entretemps, il travaille à d'autres instruments et ne cesse d'accomplir les travaux du dehors.




Et vous, allez-vous participer aux visites de ces journées de métiers d'Art? Si vous êtes intéressés, toutes les infos pour la Suisse romande se trouvent ici! Je trouve que nous avons tellement de chance de pouvoir bénéficier de ce genre de possibilités, qui plus est gratuitement!

* Tous les extraits proviennent du livre "Le luthier qui aimait la terre", de Patrick Dutoit (photographe) et Pierre Rouyer, aux Editions du Midi.









lundi 27 février 2017

Balades anglaises

Les vacances de février sont là, ce qui signifie une semaine sans cours pour moi. Je donne un coup de main pour la traite des vaches, je travaille par ci-par là pour mes cours ou pour préparer les examens, j'en profite pour avancer dans des réalisations qui me trottent dans la tête depuis un moment... 

Du coup, je me suis replongée dans les photos de mon séjour en Angleterre; si vous avez lu ce blog dans le courant des mois d'août et septembre, vous savez que je suis allée travailler deux mois dans une ferme de la région des Midlands


J'avais congé tous les week-ends (un luxe, dans l'agriculture!) et j'ai ainsi pu profiter de mon temps libre pour faire des balades dans les environs de Frankton, le village où je me trouvais.



Comme je n'avais pas de voiture, Gill et George m'ont prêté un de leurs vélos. Je dois avouer que lorsque j'ai vu l'engin, j'ai eu un peu de mal à m'imaginer faire des kilomètres avec... je crois que je suis un peu trop gâtée avec mon vélo électrique, ça donne de mauvaises habitudes!



Eh puis finalement, après avoir réglé la selle à la bonne hauteur, j'ai apprécié cette petite bicyclette bleue, malgré son guidon un peu rouillé! Il faut avouer que l'Angleterre n'est pas la Suisse et je ne me suis donc pas frottée à des dénivelés trop conséquents!


De Frankton, il me suffisait de parcourir 4,3 miles (7 kilomètres) pour rejoindre le "Grand Union Canal". C'est un canal qui va de Londres à Birmingham. A l'origine, le réseau de canaux a été développé dans le but de transporter des marchandises. Actuellement, de nombreux bateaux de plaisance y naviguent. Cela avait un côté un peu désuet et charmant de voir ces péniches, pour la plupart rénovées et entretenues avec soin, naviguer sur le canal ou passer les écluses.



En fait, c'est un itinéraire pour deux-roues du "National Cycle Network" que je suivais le long de ce canal. Je ne crois pas que l'Angleterre soit le pays du vélo, en tout cas pas comme la Hollande ou le Danemark le sont, mais comme il y a beaucoup de petites routes bucoliques et peu fréquentées (du moins dans la région où je me trouvais), et qu'en plus j'avais la chance d'avoir l'itinéraire n°41 qui passait à 2 km de Frankton, j'ai de manière générale bien apprécié mes balades à vélo. 

Une fois arrivé sur l'itinéraire, qui peut passer par moment sur des routes ouvertes à la circulation (et dans ce cas, il est plus prudent de ne pas oublier qu'en Angleterre, on roule à gauche!), mais qui passe souvent par des voies de circulation réservées aux piétons et aux deux-roues, le balisage est bien fait et on avance sans problème jusqu'au but de la balade. 




A Frankton, je me trouvais presqu'à mi-chemin entre Rugby et Leamington Spa. Pour aller à Rugby, il fallait suivre pendant un moment un sentier aménagé sur le passage d'une ancienne voie de chemin de fer. L'idéal au niveau du dénivelé: ça allait tout droit et presqu'à plat. Par contre, la vue était un poil moins intéressante étant donné que le chemin était souvent bordé des deux côtés par des arbres.



En ce qui concerne les villes des environs: je n'ai rien trouvé de spécial à Rugby, même si j'avoue ne pas avoir cherché à visiter les principaux monuments de la ville. Par contre, j'ai plus apprécié Leamington Spa; on y trouve quelques rues commerçantes avec des boutiques et des cafés sympas, de beaux bâtiments, il y a des espaces verts bordant la rivière qui traverse la ville et de manière générale, cela semble être une ville plus vivante que Rugby.


Une autre fois, j'ai voulu suivre le canal dans l'autre sens, et ce n'était alors plus un itinéraire officiel pour vélos. Le canal était toujours aussi charmant, mais la progression un peu plus difficile par moments, étant donné que le sentier qui bordait le canal était plus destiné aux piétons qu'à tout autre type de déplacement!




J'ai aussi fait quelques balades dans les environs de Frankton. Moi qui suis habituée aux balisages du tourisme pédestre en Suisse (et à ce niveau, je crois qu'on ne peut pas faire mieux!), j'ai dû me faire à la signalétique très lacunaire des "chemins pédestres publics". On sait qu'on est sur un chemin pédestre, mais on ne sait pas où on va. Tout d'un coup, le chemin pédestre débouche sur une route, et alors il vaut mieux avoir planifié sa randonnée pour savoir dans quelle direction aller! Il existe des cartes topographiques "papier" avec une échelle suffisamment grande pour avoir le détail des sentiers pédestres, et on peut aussi voir des extraits de cartes sur streetmap.co.uk.



C'est lors d'une de ces balades que je suis arrivée à la kermesse du village voisin. C'était "typically British",  je suis sous le charme de ces traditions qu'on ne trouve pas (à ma connaissance) chez nous. Un concours du plus beau gâteau, ou même du meilleur oeuf dur (réservé aux messieurs... le sexisme a de beaux jours devant lui!), ce sont deux exemples de toute une série de catégories présentées ce jour-là dans le hall (la salle communale) du village.


Tout en haut de la photo, vous apercevez l'oeuf disqualifié car le concurrent n'avait pas ôté la coquille :-)


Dans le même village, Marton, j'ai visité un musée particulier: le Marton Museum of Country Bygones, ce qu'on pourrait traduire par "musée de Marton du pays (ou de la campagne) d'antan". 

Ne vous attendez pas à un musée classique avec ses expositions d'objets bien alignés et étiquetés. Vous entrez dans une grande pièce emplie de plusieurs centaines d'objets, une accumulation d'outils, d'accessoires, d'ustensiles, d'habits... 

On devine une volonté de réunir les objets par thématiques; on peut lire des explications sur des étiquettes disposées ça et là; parfois, on se demande à quoi servait l'objet que l'on contemple, parfois on reconnaît des objets qu'on utilise peut-être encore au quotidien. Souvent, on peut mesurer le changement qui a eu lieu au niveau des matériaux, des techniques de fabrication, par exemple comme avec les biberons ci-dessous...  




C'est sans doute un accès de "c'était mieux avant" alors que je n'ai pas connu les temps où ces objets étaient utilisés et que je n'en perçois certainement pas tous les aspects, dont ceux qui faisaient qu'avant tout n'était pas mieux, que la vie était sans doute dure, les tâches quotidiennes plus pénibles, les droits et les libertés moins étendus qu'actuellement. Mais tout de même, quand je vois ces objets manufacturés avec soin, fabriqués dans la région ou dans le pays, je me dis qu'ils avaient une réelle valeur, de celle qu'on ne donne plus aux objets achetés au supermarché et jetés quelques temps plus tard... 


Un musée particulier, donc, dans un petit village du centre de l'Angleterre. Si vous passez dans la région, cela vaut la peine de s'arrêter!








samedi 11 février 2017

A la ferme, je découvre... le purin

Voilà, j'inaugure une série d'articles sur ce blog. En vous faisant lire ces articles, mon pari est de vous intéresser aux aspects techniques et rationnels du métier d'agriculteur, pour sortir des débats émotionnels, parler de faits et susciter la réflexion.

Cette envie m'est venue petit à petit, suite à la parution de thématiques liées à l'agriculture dans les médias, et notamment les médias sociaux qui sont souvent le lieu où l'humain a le plus de capacités à dire tout haut ce qu'il pense, sans se soucier de vérifier ce qu'il énonce et sans y mettre la forme, alors qu'il est certainement un individu tout à fait civilisé en société... Souvent, en voyant ces reportages ou en lisant ces articles, encore plus en lisant les commentaires qui y sont liés, j'ai l'impression qu'on aborde le sujet à moitié, qu'on ne tient pas compte de tous les aspects de la problématique.

Je vais donc faire de mon mieux pour vous présenter, de temps en temps, un sujet agricole de la manière la plus exacte possible, tout en essayant d'être compréhensible et qui sait? intéressante dans la manière d'exposer le sujet. Je vous prie d'avance d'excuser les éventuelles erreurs ou lacunes qui pourraient être présentes (eh, je ne suis qu'apprentie pour le moment! ;-)... n'hésitez pas à me corriger (gentiment ;-), le cas échéant.

Récemment, une vidéo sur le compte du journal Le Temps tournait sur Facebook; faisant suite au "Temps Présent" consacré au suicide des agriculteurs, elle proposait des solutions pour envisager la production d'aliments sous un angle positif. Curieuse, j'ai lu les commentaires. Ils étaient tous positifs, sauf un sur lequel je me suis arrêtée: 


"Wow, quel raccourci!" je me suis dit. Et du coup j'ai décidé d'en faire le sujet de mon premier article, même si le duo purin-fumier n'est pas au top du glamour...


Quand on pense au fumier, et surtout au purin, si l'on n'est pas agriculteur, on pense sans doute d'abord à l'ODEUR, celle qui vient pourrir notre journée de grillades parce que BIEN SUR, le paysan du coin a décidé qu'il allait sortir la bossette un samedi, il ne sait pas que c'est le jour où on veut juste profiter du jardin en paix, ou quoi?!? Et peut-être nous viennent en tête ensuite les images du purin qui pollue les nappes phréatiques, le lac, l'océan, qui participe à l'eutrophisation des cours d'eau (les algues vertes qui prolifèrent, entre autres).


Mais d'abord, de quoi parle-t-on quand on parle de purin? Dans la famille des trucs qui puent à l'écurie, il y a le purin (qu'on nomme aussi lisier) et le fumier. La principale différence entre ces deux trucs qui puent, c'est que le purin est liquide, et le fumier est solide. Le fumier est composé de paille (celle sur laquelle les vaches se couchent et font leur bouses (si possible pas au même endroit, mais des fois oui) et de bouses, donc, ainsi que d'urine (un peu). Le purin, lui, en principe doit être plutôt liquide, donc il n'y a pas (trop) de paille dedans. Selon le système qu'on a à l'étable, on aura plutôt du purin ou plutôt du fumier, ou un peu des deux. 
Le purin et le fumier peuvent être utilisés pour produire de l'énergie dans un biogaz, et on récupère ensuite les résidus, cela s'appelle du digestat, c'est aussi utilisable dans les champs. On peut aussi composter le fumier, il devient alors plus intéressant pour fertiliser les terres.


Et c'est un fait, la part la plus importante de la pollution due à un surplus de nitrates (le nitrate est un des éléments qui se trouve dans le purin, c'est un élément qui se trouve naturellement dans le sol mais quand on en met trop à la fois, ou qu'il pleut, qu'il ne peut pas être assimilé par la plante, il s'infiltre dans le sol et se retrouve dans les eaux souterraines) ou de phosphore (à peu près la même problématique) provient de l'agriculture.



Si vous voulez en savoir plus, quelques infos ici.


Facile alors, il suffit d'arrêter l'élevage, comme ça il n'y aura plus de souffrance animale (ça c'est une autre thématique que j'aborderai certainement dans un avenir proche) et on n'aura plus ce problème de surplus de nitrate et de phosphore dans les eaux. 
Oui, mais tout n'est pas aussi simple. 
Si on arrêtait de d'amener de la fumure (=purin, fumier, digestat, compost, engrais du commerce) dans les champs, qui se passerait-il? Dans la nature (mais oui, la vraie nature sauvage, la forêt, tout ça quoi...), ça pousse bien sans qu'on ne rajoute quoi que ce soit, non? 
La différence, c'est que dans la forêt ou dans la nature sauvage, on ne prélève rien. Et du coup, la plante termine son cycle, meurt et retourne à la terre qu'elle nourrit.

Dans les champs et sur les prairies, on prend plus ou moins beaucoup à la terre, via ce qu'on cultive. Du coup, on doit redonner à la terre ce qui a été pris, sous une autre forme, pour qu'elle puisse continuer à faire pousser des plantes. Si ce sont des prairies, elles auront besoin de moins de fumure (= de nutriments) que par exemple une culture de colza ou de maïs.

L'agriculteur est donc content d'avoir un engrais de ferme (encore un autre petit nom poétique pour le fumier ou le purin) fourni gratuitement par ses vaches. S'il n'en a pas, il devra essayer de trouver un autre agriculteur qui pourra lui céder son surplus de fumier ou de purin. Il y a notamment les éleveurs de volaille ou de porcs qui ont souvent beaucoup d'engrais de ferme et ne peuvent pas tout utiliser sur leurs terres. Il a aussi la possibilité d'acheter des engrais du commerce, mais cela a un coût et la fabrication de ces engrais du commerce pose un problème écologique et éthique (exploitation de gisements naturels de phosphate et de potasse, processus chimique nécessitant de l'énergie pour synthétiser les éléments nécessaires), de même que leur utilisation (ils nourrissent directement la plante, et pas le sol, contrairement aux engrais de ferme, et risquent aussi de se retrouver dans les eaux souterraines en cas de surdosage).

Une bonne explication de la problématique, ici.

Vous l'aurez compris, comme toujours, il n'y a pas d'un côté du tout noir et de d'autre côté du tout blanc, mais beaucoup de nuances de gris (hi hi hi). L'agriculteur doit faire ses choix en fonction de la situation de sa ferme, et aussi en fonction de sa sensibilité écologique, de son éthique, de sa manière d'envisager son travail. En agriculture biologique, il n'a pas le choix d'utiliser des engrais chimiques de synthèse, c'est interdit (clique ici si tu veux voir dans le détail le cahier des charges du label Bio-Suisse, tu trouveras les directives concernant la fertilisation du sol à partir de la page 57). Mais surtout, en Suisse, si l'agriculteur veut recevoir des paiements directs, il doit respecter les PER (avant, quand j'étais enseignante, PER ça voulait dire Plan d'Etudes Romand... Maintenant, ça veut dire Prestations Ecologiques Requises). 

Les PER, ce sont tout un tas de directives et entre autres une obligation de tenir un plan de fumure, c'est à dire de noter par écrit quelle quantité de déjections le bétail de la ferme produit chaque année (je vous rassure, pas besoin de se tenir derrière chaque vache avec une bassine pour récupérer sa production et ensuite la peser, il y a des calculs standards en fonction de la nourriture que les animaux ingèrent et de leur production) et quelle quantité et quel type de fumure on met sur les différentes parcelles de la ferme, si on en prend chez un collègue, si on lui en donne, etc. Tout ça nous fait des savants calculs et à la fin, on a notre bilan qui doit être équilibré au niveau de l'azote et du phosphore. On a droit à 10% de surplus, et gare à la punition si on les dépasse, il y aura alors une sanction qui peut être financière.

Voilà à quoi ressemble le bilan de fumure quand on arrive à la fin des calculs... On voit que dans cette situation, le bilan est positif (contrairement à ce que laisse croire l'adjectif, c'est n'est pas bien, cela signifie qu'il y a des excès)... mais je vous rassure, ce n'était qu'un exercice fait dans le cadre des cours.


Comme dans tous les corps de métier, il y a des personnes qui ne respectent pas ces règles, que ce soit par ignorance, en raison de la complexité des calculs et des formulaires à remplir, ou alors de manière tout à fait intentionnelle. Il y a aussi la manière d'apporter la fumure, en fonction de la météo, du terrain, de l'état du sol etc. qui a un impact sur le risque de retrouver une partie des nutriments dans les eaux. Et c'est un fait, ce sont des choses qui arrivent, malheureusement. 
Mais comme dans tous les corps de métier, la majorité des agriculteurs sont des professionnels soucieux de bien faire leur travail, puisque c'est la meilleure manière d'obtenir une production de qualité. J'espère qu'avec l'évolution des méthodes de travail et la sensibilisation à cette problématique, la formation dans les écoles d'agriculture et sur le terrain, les pratiques vont encore s'améliorer pour parvenir à une situation optimale.

Alors, cette explication? Un peu longue, et tout de même assez technique. N'hésitez pas à laisser des commentaires si vous avez des questions ou des remarques!


vendredi 3 février 2017

Souvenir des Seychelles


Le stratus, le froid… je ressens parfois le besoin de m'évader de cet univers peu accueillant et presque omniprésent depuis quelques semaines (quoique... entre le moment où j'ai commencé à rédiger ce post et aujourd'hui où je le termine, la hausse des températures présage des beaux jours à venir :-). Ces temps, les vacances passées aux Seychelles avec mon homme il y a déjà plus de deux ans me reviennent régulièrement à l'esprit. Cela fait du bien de penser au soleil, à la chaleur, aux plages magnifiques, à la végétation, au bleu de l'océan, au farniente… Parfois, on ne profite pas assez sur le moment, non? En tout cas pour moi, c'est souvent le cas!

Rien de tel que de feuilleter l'album photo pour se retrouver dans l'ambiance… et du coup j'en profite pour le feuilleter avec vous. J'avais déjà partagé des photos de l'île de Praslin juste après notre séjour là-bas. Maintenant, c'est l'île de La Digue que nous allons visiter.


La Digue, c'est la plus petite des trois grandes îles des Seychelles. On y circule principalement à bicyclette (pour mon plus grand plaisir), et on en fait très vite le tour (ou plutôt, la moitié du tour, étant donné qu'un côté de l'île est moins accessible)! Le premier jour, je me souviens particulièrement du repas que nous avions fait "Chez Jules" , un petit bar en plein air, situé au bord du chemin, avec la vue sur l'océan. Des fruits, des spécialités du coin, des jus tout juste pressés, une cuisine simple, copieuse, fraîche et un accueil chaleureux.

En revenant de "Chez Jules"


J'avais beaucoup aimé la plage d'Anse Sévère, facilement accessible en vélo, et ses drôles de petits crabes blancs. Avec mon masque et mon tuba, j'avais fait de jolies découvertes à quelques mètres de la plage, et en particulier une tortue dont la vision m'avait enchantée. 



Dans le jardin du Domaine des Rochers

Nous avions loué un appartement au Domaine des Rochers et nous avons adoré cet endroit. A taille humaine, avec quatre appartements situés dans deux maisons, et 2 bungalows, le tout dans un beau jardin entretenu avec soin, c'est un établissement géré par un couple, qui vit d'ailleurs sur le site et qui nous a accueilli très chaleureusement. Notre appartement était lumineux et meublé avec goût, décoré de fleurs exotiques. J'ai adoré nos petits-déjeuners sur la terrasse...

En montant en direction du point le plus élevé de l'île


Une fin d'après-midi, je suis partie avec mon vélo avec pour objectif de me rendre au plus haut point de l'île. Contrairement aux Maldives, les Seychelles sont des îles avec un relief prononcé. En l'occurrence, j'ai rapidement abandonné mon vélo au bord du chemin, comme d'autres avant moi... J'ai continué à pied, d'abord sur le chemin bétonné qui montait dans la forêt, au milieu des dernières habitations de la Digue, puis sur le sentier en terre qui serpentait au milieu des arbres.

Jusqu'à mon arrivée au sommet, je crois bien n'avoir croisé personne, de même lors du retour. J'étais seule au monde pour admirer la vue magnifique sur la forêt qui m'entourait, l'océan en contrebas et quelques îlots, ainsi que Praslin un peu plus loin.


La vue sur Praslin



En redescendant, je me suis arrêtée au Snack Bellevue où j'ai pu déguster un jus de fruit frais tout en profitant de la vue magnifique et du coucher de soleil digne d'un poster kitsch...




La nuit tombait doucement lorsque j'ai continué ma descente jusqu'au village, et j'ai pu observer le ballet des chauves-souris, qui sont très communes aux Seychelles (on peut même les MANGER...).


Une des plages les plus connues au monde (sans le savoir, vous l'avez sans doute déjà vue sur le fond d'écran de votre ordinateur, ou dans un magazine...) se trouve à La Digue. Il s'agit d'Anse Marron. Les guides touristiques tels que Le Routard ou Lonely Planet préviennent: cette plage magnifique est difficilement accessible, l'aide d'un guide local est utile. Les commentaires sur divers sites internet semblent dire qu'il est possible de s'y rendre seul. Ce que nous avons essayé de faire, et nous avons dû rebrousser chemin, après avoir grimpé sur et sous des gros rochers formant une sorte de labyrinthe entre forêt et océan... En ce qui nous concerne, le guide (en chair et en os) aurait été utile!





Malgré cet "échec", nous n'avons pas regretté l'excursion; elle nous a permis de marcher le long de plages magnifiques, sauvages et préservées. Nous avions laissé notre vélo au bout du chemin, à Grand Anse, et continué à pied en passant d'une plage à l'autre.


Selon le lieu où sont situées les plages, les courants et la force des vagues incitent à la prudence. Malgré la beauté des lieux qui invite à la baignade, nous nous sommes contentés de tremper nos jambes dans l'eau.




Cette tortue croisée au bord du chemin faisant le tour de l'île, à proximité d'une habitation, était certainement à moitié apprivoisée.


Alors, tenté(e)?