mardi 10 janvier 2017

Cadeaux pour bébés

Ces deniers mois, les parents se sont à nouveau mis à se reproduire dans mon entourage. Est-ce dû à l'année 2016 et son climat anxiogène? Finalement, rien de plus rassurant que son conjoint et la couette, territoires connus et accueillants... 😉

Et voilà, quelques mois plus tard, les mignons petits bébés viennent au monde (à eux d'affronter sa dureté, mais c'est une discussion que je n'ouvrirai pas ici...) et on va rendre visite à l'heureuse petite famille avec le cadeau d'usage. 

Après la première fournée, qui m'avait soudain rendu attentive à toutes les devantures de magasins pour bébés, je me suis calmée. En effet, on se rend vite compte que ces petits bébés grandissent si vite que cela fait un peu mal d'investir l'équivalent de deux semaines de légumes bio dans une mignonne petite robe, qu'ils sont de plus couverts de cadeaux ("oh ce petit pull je crois que je ne lui l'ai mis qu'une fois, elle en a reçu tellement dans la taille 35") et qu'en plus, ils s'en fichent royalement de savoir comment ils sont habillés, tant qu'ils n'ont pas froid ou trop chaud et que ça ne gratte pas...

Mais surtout, et là je ne peux m'en prendre qu'à moi-même, depuis que mon revenu a bien baissé, j'avoue que je réfléchis aux dépenses que je fais. Du coup, pour tous ces petits bébés qui méritent tout de même un joli petit cadeau, j'ai décidé de faire simple, unique et pas trop cher: des bodys customisés. Ca vous rappelle quelque chose? Peut-être, car j'en avais déjà fait lors de la naissance de ma nièce Camille et de mon neveu Arthur et par la suite.

Depuis un moment maintenant, j'essaie d'acheter des vêtements à la provenance "propre", que ce soit du point de vue de l'écologie et des conditions de travail. En Suisse, je trouve quil n'y a pas énormément de choix, sauf si l'on pense aux grands distributeurs, notamment Coop qui a une ligne de vêtements destinés tant aux adultes qu'aux enfants. En l'occurrence, c'est chez Manor que je me suis fournie, ils avaient des bodys "écolos" pour les tout petits (il semblerait qu'une fois qu'ils ont grandi un peu, il ne soit plus nécessaire de les habiller avec du coton produit sans pesticides, ça doit être dû au fait qu'en prenant de l'âge, on a la peau qui devient imperméable...).  J'ai cherché des bodys unis et sans ouverture sur le devant, mais j'ai dû faire quelques concessions pour avoir ce qu'il me fallait dans les tailles adéquates, c'est pour cela que certains ont des rayures ou une inscription.



Une partie de la déco est faite en broderie (le point de piqûre, tout simple), alors que le reste est fait avec de la peinture à paillettes pour tissu. J'ai tracé les lettres au pinceau, ça manque un peu de "propreté"… l'utilisation d'un chablon aurait sans doute été appropriée.




Pour ces poissons également réalisés avec de la peinture pour tissu à paillettes, j'ai utilisé un chablon. Les bulles sont faites en broderie (pas de point particulier, juste un petit "tas" de fil…).



Encore des poissons, ci-dessous, mais cette fois réalisés au point de piqûre, et les bulles sont simplement faites avec un stylo pour textiles.


Pour le body ci-dessous, j'ai customisé l'inscription déjà imprimée: le contour de la bulle est fait en broderie alors que le dessin du mégaphone est fait au stylo pour textiles.




On quitte le domaine des habits pour se tourner vers celui des marionnettes à doigt, et cette fois le cadeau était destiné à la grande soeur du petit bébé tout juste né. 



En impro quasi totale (sauf pour la largeur et la longueur de la base des marionnettes), j'ai crée des petites marionnettes à doigt à l'effigie (dont la ressemblance est plus ou moins éloignée de la réalité, en fonction des personnes…) de toute la famille. Pour cela, j'ai utilisé principalement de la feutrine, mais aussi du fil à broder, des perles, de la laine. Parfois, ça tient parce que c'est cousu, parfois parce que c'est collé avec de la colle pour textiles.



Beau mois de janvier!



samedi 12 novembre 2016

Zone d'inconfort

source: http://www.reactiongifs.com
Bien sûr, ne suivez pas le conseil de Bart Simpson…

Depuis que j'ai commencé ma nouvelle formation (dans le but de devenir agricultrice), je sors régulièrement de ma zone de confort.

Qu'est-ce que c'est, la zone de confort? Ca peut être le coin canapé plein de coussins juste rembourrés ce qu'il faut avec sa couverture qui tient chaud quand on en a besoin. Mais en fait là je pensais plutôt au concept intellectuel qui résume le fait de rester dans son train-train quotidien quotidien où nos besoins sont satisfaits mais où on ne se sent pas toujours pleinement accompli. Et les deux (canapé et concept intellectuel) se rejoignent, car il nous arrive souvent de renoncer à faire des choses (aller se promener, voir des amis, faire du sport, réparer le truc qui traine depuis des lustres,…) pour préférer le confort du canapé, tout comme on préfère parfois continuer à faire ce job qu'on fait depuis 10 ans (rémunérateur, pratique, connu) tout en se disant que notre rêve serait de poser des tavillons sur des chalets d'alpage dans les préalpes.

Moi aussi, parfois le canapé j'en rêve, et je peux vous dire que ces jours, il ne voit pas souvent mon postérieur, et si c'est le cas, juste un tout petit moment. Mais là n'est pas le sujet.

Oui, parce que depuis que j'ai commencé la formation, et particulièrement depuis ce mois d'août, je ne compte plus le nombre de fois où je me suis retrouvée dans une situation où je me suis dit: "aaaaargh, mais qu'est-ce que je fais là, je veux retourner chez moi!!!" tout en essayant de garder une attitude tout à fait sereine.

En effet, cette année j'ai décidé de passer la troisième et dernière année de ma formation dans d'autres exploitations agricoles que celle de mon père, où j'ai travaillé l'an dernier. C'est pour cela que je suis partie deux mois en Angleterre, puis un mois dans le canton de Zurich. Du coup, j'ai atterri dans des endroits que je ne connaissais pas, chez des gens que je ne connaissais pas et qui s'exprimaient dans une langue qui n'est pas ma langue maternelle. De plus, j'ai dû apprendre des procédures de travail propres à chaque exploitation, et me familiariser avec de nouvelles machines, du nouveau matériel, de nouveaux bâtiments…

Par la force des choses (ou de mon incompétence, cela dépend comment on se positionne), je me suis souvent retrouvée dans la position où on corrigeait ma façon de faire, où l'on m'expliquait que j'aurai dû plutôt faire comme ceci que comme cela.

A chaque fois que je vivais ces situations, j'en ressortais avec un sentiment négatif, un mélange d'énervement et de déception. Que je n'exprimais bien entendu pas à mon interlocuteur.

Lorsque j'ai remarqué que ces sentiments négatifs revenaient régulièrement, j'ai commencé à y réfléchir pour trouver un moyen d'agir dessus plutôt que d'en être victime.

J'ai réalisé que j'avais sans doute un caractère très perfectionniste et que je détestais être prise en faute. J'aimerais toujours pouvoir faire juste et bien, avoir la meilleure note, quoi! D'autre part, j'ai pris en compte le fait que, vu mon grand âge, j'avais sans doute de la peine à accepter de me retrouver à nouveau dans le rôle de la débutante à qui on explique tout, un peu comme à une petite fille
Le fait de réaliser cela ne m'empêche pas de ne pas aimer les situations où je me retrouve dans le rôle de celle à qui on explique, celle dont on corrige la manière de faire (tiens, un peu le rôle de l'élève alors qu'avant, c'était moi la prof). Mais cela m'aide à prendre du recul et à ne pas trop être influencée par ces sentiments.
Je me dis que cela fait partie de l'expérience et que c'est aussi cela, sortir de sa zone de confort.

La zone d'inconfort, c'est aussi lorsqu'on me montre quelque chose à faire et que je ne suis ensuite pas capable de le faire correctement. J'ai l'impression d'être en échec et cela me décourage, ça me plombe. 

Dans l'agriculture, il y a tout un tas de choses qu'il faut faire, mais faire manuellement, pas faire intellectuellement. Du coup, on peut rapidement être confronté à la situation où la machine qu'on utilise ne fait pas ce qu'on veut (ou plutôt: on n'est pas capable de lui faire faire ce qu'on veut, étant donné qu'il n'y a pas de mauvaises machines, il n'y a que de mauvais ouvriers, comme le disait ma patronne lorsque je cueillais du tabac à l'âge de 14 ans…). Dur dur, surtout lorsqu'on voit que les autres y arrivent sans souci. De nouveau, je crois que mon grand âge ne m'aide pas à accepter sereinement ces situations. 

Une des manières que j'utilise pour m'encourager est la suivante: je fais un récapitulatif écrit de la suite de gestes techniques à faire, et je coche tout ce que je suis capable de faire. Ainsi, d'une part cela me fait un rappel qui m'aide à intégrer les tâches à effectuer, et d'autre part je vois sur la feuille que finalement, il y a plein de choses que je suis parfaitement capable de faire et qu'il ne me reste plus qu'un ou deux obstacles à franchir avant d'atteindre la perfection que je vise malgré moi toujours, même si je ne veux pas vraiment me l'avouer…

Sortir de sa zone de confort, ça nous mène parfois dans des contrées un peu hostiles, mais finalement la personne la plus hostile envers nous-même, on sait bien de qui il s'agit, non? ;-)


lundi 24 octobre 2016

Jardin et semences...


Durant les deux mois passés à Feldon Forest Farm, au mois d'août et au mois de septembre de cette année, j'ai passé beaucoup de temps dans le jardin, en compagnie de Gillian. 
Le désherbage a été une des principales occupations, mais aussi la récolte de semences et bien entendu la récole des légumes.


Bien que ma maman a depuis toujours un grand jardin potager, je dois avouer que je n'y ai passé que peu de temps durant mon enfance et mon adolescence. J'ai juste le souvenir d'être allée de temps en temps y chercher des légumes, et d'avoir planté quelques herbes aromatiques. Désolée maman de ne pas être venue plus souvent t'aider à désherber…
Plus tard, lorsqu'avec ma moitié nous avons loué une maison avec un petit jardin, j'ai essayé de me consacrer à ces 3-4 carreaux de terre et d'y cultiver de quoi nous sustenter, mais je dois avouer que cela n'a pas été une grande réussite; attaque de limaces, courgettes qui disparaissent avant d'avoir commencé à grandir… Une des raisons de ce manque de réussite était sans doute le peu de temps que je consacrais au jardin.



En travaillant régulièrement avec Gill, je me suis plongée dans un petit monde végétal; j'ai découvert les joies du désherbage "longue durée" et mon manque d'endurance en la matière, j'ai observé les nombreuses coccinelles et j'ai éprouvé un petit bonheur à chaque fois que je voyais une mini-grenouille s'en aller en sautant lorsqu'elle comprenait qu'il y avait un intrus (moi) dans le périmètre. 
J'ai aussi apprécié les moments de récolte des légumes: la surprise de découvrir une immense courgette qui était passée inaperçue les jours précédents, la diversité de couleurs et de formes des tomates, la bonne odeur des feuilles de basilic...




J'ai aussi découvert le plaisir de travailler dans un tunnel plastique!! Oui oui, même si dit comme ça, le nom n'évoque rien de particulièrement charmant ou plaisant, le jardinage dans un tunnel plastique c'est une bonne expérience! 

Tout d'abord, je crois sincèrement que c'est un bon rempart à mollusques. Exit les limaces!
Mais surtout, quand on entre dans le tunnel, on a l'impression d'entrer dans un monde végétal protégé des agressions extérieures, tout en étant quand même en plein air. On entend le bruit du vent, mais on est à l'abri. On entend le plic-ploc des gouttes de pluie, mais on reste au sec. Et il y a du vert partout, des plantes qui poussent car on les a semées, et d'autres qui poussent car elles se sont semées toutes seules. Et il y a des insectes, tout un tas de coccinelles, des araignées. Et il y a des petites grenouilles brunes qui partent vite se cacher sous les feuilles…

Bien sûr, l'avantage de la chaleur procurée par cet abri peut aussi se transformer en désavantage lorsqu'il fait très chaud. Et du coup, il faut arroser très régulièrement. A Feldon Forest Farm, il n'y a pas d'arrosage automatique, du coup, le rituel de fin de journée, c'est l'arrosage des légumes dans les tunnels. Cela se transforme en petite tournée d'inspection, et c'est là que je retrouvais presque à coup sûr les petites grenouilles dans les plants de tomates.




Une des activités de Gill est donc la production de légumes (principalement, mais il y a aussi des petits fruits rouges) pour la vente directe et la consommation personnelle. Une autre activité importante est la production de semences.



Durant les deux mois passés à Feldon Forest Farm. j'ai ainsi pu récolter des graines de haricots, de petits pois, de tomates, de laitues, de coriandre, de ciboulette…
Gillian cultive 18 sortes de haricots! Là aussi, j'ai découvert tout un monde de graines, aux formes, aux couleurs et aux motifs variés, parfois tellement jolies qu'on dirait qu'elles sont peintes.

ciboulette

coriandre

laitue

Certains types de semences sont faciles à obtenir (pour les haricots, il faut laisser sécher le haricot sur la plante et à ce moment-là la graine est prête, la gousse s'ouvre très facilement), d'autres demandent plus de travail (les semences de laitues et leur petit duvet blanc qu'il faut ôter en frottant les graines puis en soufflant délicatement pour que le duvet s'envole et que la graine reste dans l'assiette).


Gill est bénévole à Ryton Organic Gardens (un lieu ouvert au public, pas très loin de Coventry), à la Heritage Seed Library. En résumé, c'est plus ou moins l'équivalent de Pro Specie Rara, mais uniquement pour les plantes.
Je l'ai accompagnée plusieurs fois et nous avons (entre autres) préparé une quantité impressionnante de semences de tomates (en fin de compte, il n'y en avait pas tant que ça mais vu le travail que cela demande…)



Pour préparer les semences de tomates, il faut tout d'abord les couper en deux et extraire les graines. Puis il faut frotter les graines contre le tamis pour séparer l'enveloppe gélatineuse de la graine, tout en les passant sous l'eau pour faciliter le travail. Ensuite il faut les mettre dans un bocal rempli d'eau durant plusieurs jours, dans le but d'éliminer complètement l'enveloppe gélatineuse qui empêche la germination.



Cette immersion dans le monde du jardin et des semences m'a permis de développer un intérêt pour la production de légumes et de semences, et pour la multitude de variétés de plantes qui existent, pour autant qu'on se fournisse ailleurs que dans les grandes jardineries de supermarchés…
Cela m'a également rappelé que le jardinage, ce n'est pas quelque chose qui se fait au petit bonheur la chance, et que la réussite ou l'échec des cultures peut être influencée par des facteurs extérieurs tels que la météo ou les ravageurs, mais que cela tient surtout au travail du jardinier!










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jeudi 6 octobre 2016

Feldon Forest Farm

Je suis de retour en Suisse (déjà!) mais j'avais envie de partager encore quelques images de mon séjour, et aujourd'hui c'est Feldon Forest Farm que vous découvrirez à travers mon regard subjectif…


Feldon Forest Farm, c'est l'endroit où a eu lieu mon stage professionnel. Dans le cadre de ma formation d'apprentie agricultrice, j'avais la possibilité d'effectuer un stage dans un pays européen; j'ai eu envie de partir en Angleterre pour perfectionner mon anglais, et j'ai absolument voulu trouver une ferme biologique. Au hasard de mes candidatures (en gros, j'ai ratissé large…), j'ai obtenu une réponse positive de la part de George, et quelques mois plus tard, je débarquai chez sa femme et lui!

On traverse un petit village après avoir parcouru des routes étroites bordées de haies, on passe à côté de l'église, puis de quelques étangs, et voilà qu'on entre dans le domaine de Feldon Forest Farm. Hop! Quelques lapins s'écartent du chemin pour trouver refuge dans la haie, on longe deux prairies et on arrive vers les bâtiments qui constituent la ferme.

Gill et George on tout construit à partir de zéro il y a vingt ans, et ils ont crée un endroit qui permet de cultiver des fruits et des légumes et d'élever du bétail tout en respectant la biodiversité.






Vous l'avez vu, le faisan? Il vient picorer des graines dans le jardin


Il y a un immense verger (140 arbres fruitiers!) constitué de pommiers, de poiriers, de pruniers, de cognassiers, de cerisier et d'un noyer. Les variétés sont… variées, ce qui permet d'avoir toutes sortes de fruits, par exemple des pommes aux goûts différents, le genre de chose qu'on oublie parfois lorsqu'on achète ses fruits au supermarché...








Au centre du verger, il y a un grand réservoir qui sert à récupérer l'eau de pluie qui pourra ainsi être réutilisée pour l'arrosage dans les tunnels plastiques et pour abreuver les animaux. Au delà de cet aspect utilitaire, c'est aussi un endroit qui attire les oiseaux sauvage (et qui permet aux deux oies domestiques de batifoler) mais c'est surtout un cadeau pour les yeux...








Les bernaches du Canada aiment venir batifoler sur l'étang, copiner avec les oies domestiques et piquer des pommes dans le verger, une fois l'automne arrivé...


Dans les prairies, des moutons et des bovins pâturent.

Les moutons sont de la race Castlemilk Moorit, une race typique de Grande-Bretagne. Ils sont à la fois curieux et craintifs, ne se laissent pas approcher mais surveillent les intrus à distance. S'ils pensent que c'est nécessaire, ils filent à toute allure sur leurs gambettes toutes fines.



Les bovins sont de la race Shetland, ce sont des animaux qui ont du caractère et qui sont solides, bien campés sur leurs jambes plutôt courtes, ils ne sont pas très grands mais  imposent le respect. Ils sont curieux, s'approchent s'ils ont envie, mais ne se laissent pas trop approcher.



Si on va se balader un peu le long des haies, on a de grandes chances de trouver, au mois de septembre, des mûres sauvages en quantité...


Et au bord d'un autre étang, situé près de la rivière, on verra peut-être des canards… mais gare à Hunty, le chasseur qui est peut-être à l'affût avec ses chiens!


Si vous êtes dans le coin (Warwickshire, entre Rugby et Leamington Spa), Feldon Forest Farm vous reçoit volontiers si vous avez envie d'acheter des fruits ou des légumes de saison, ou encore de la viande, du jus de pomme, des confitures ou du miel. Il suffit de convenir d'un rendez-vous en prenant contact par mail ou par téléphone. Et par la même occasion, vous pourrez rencontrer un couple passionné par ce qu'il fait!